Commémoration du 11 novembre, mon hommage aux Morts pour la France

12/11/2018

 

Mesdames et Messieurs,

 

Par votre présence, ici, très nombreuses en ce jour du 100ème anniversaire de la signature de l’armistice du 11 novembre 1918,

 

Par les couleurs de vos drapeaux,

Par ces cloches qui, annonciatrices de la fin d’une guerre cruelle, viennent de sonner à la volée pendant 11 minutes,

 

Par cette sonnerie du clairon, ce même clairon que le Caporal Pierre SELLIER a fait sonner le 07 novembre 1918, ce clairon du premier cessez le feu, ce clairon qui s’est ensuite répandu à travers les champs de bataille signifiant ainsi la fin de la guerre et entrainant des manifestations d’allégresse dans toutes les villes et villages de France.

 

Oui, pour tout cela, nous sommes réunis ce matin pour rendre cet hommage exceptionnel à tous ces combattants de France et de Saint-Malo, Saint-Servan et Paramé qui sont morts pour notre liberté et dont les noms sont inscrits sur ces monuments de nos trois villes réunies.

 

Car cette guerre, la première guerre mondiale, a été meurtrière, sans doute la plus meurtrière de toutes les guerres :

 

Neuf millions de soldats tués, 20 millions ont été blessés.

 

Tous ici, en ces moments de solennité et de recueillement, nous gardons à l’esprit un membre de nos familles qui n’est pas revenu et dont l’histoire se perpétue à travers les générations.

 

Les anciens combattants réunis ici ce matin, leurs portes drapeaux fidèles et dévoués se succèdent depuis cent ans autour de nos monuments aux morts pour que nul ne puisse oublier le sacrifice qui a été celui de nos combattants de la grande guerre, qui a été celui des combattants de toutes les guerres.

 

Ce Sacrifice si bien décrit par Maurice Genevoix, soldats et écrivains de la Grande Guerre qui, selon la volonté du Président de la République, entrera prochainement au Panthéon :

 

« Couché sur une civière, Sicot a gardé les yeux ouverts.

 

A la lueur d’une chandelle sa face exsangue semblerait morte, n’était ses yeux toujours ouvert.

Il me voit, il me reconnaît et, sans rien dire, pendant que je le regarde, il pleure à grosses larmes lentes d’être sûr qu’il va mourir.

 

Au revoir Sicot… tu seras ce soir à l’Hôpital de Verdun. On y est bien. Il y a des toubibs épatants.

 

Ses larmes roulent de ses yeux déjà éteints.

 

Sous la montée brillante des larmes, ses prunelles ne vivent plus que d’une dernière clarté : La certitude et la tristesse qu’il va mourir »

 

Ce récit, ces phrases m’ont ému. Elles marquent la souffrance de ceux qui ont combattu, de ceux qui sont morts aux combats pour notre liberté.

 

Face à cette souffrance, la République a le devoir de perpétuer à travers les générations ce devoir de mémoire et je veux remercier les plus jeunes générations qui sont venues ce matin pour marquer leur volonté de ne jamais oublier et de reprendre le flambeau de toutes ces générations d’anciens combattants qui depuis 100 ans, se réunissent autour de nos monuments aux morts.

 

Oui, alors que les anciens combattants de 14 – 18 ont aujourd’hui tous disparus, il nous appartient, il vous appartient désormais d’entretenir ce flambeau.

 

Et il nous appartient aussi, de tirer toutes les conséquences des origines de ce conflit, de tous les conflits qui ont suivi pour assurer aux jeunes générations le bonheur de vivre en paix.

 

Car c’est bien en nous battant pour la pour la paix que nous sommes fidèles à la mémoire des anciens combattants que nous honorons aujourd’hui.

 

Cette paix, même quand nous la pensons durable, elle est pourtant toujours menacée. Notre devoir est d’y veiller. Notre devoir est de tout faire pour éviter de multiplier les conflits que nous connaissons encore aujourd’hui dans différents endroits de notre planète.

 

C’est en pensant aux Anciens Combattants de toutes les guerres que nous avons votés, cette semaine, à l’Assemblée nationale le budget des Anciens Combattants en assurant à leurs veuves, aux orphelins les moyens de leur subsistance.

 

C’est en pensant à eux que nous avons, enfin, approuvé les budgets nécessaires à la reconnaissance d’anciens combattants des soldats envoyés en Algérie entre le 2 juillet 1962 et le 1er juillet 1964.

 

Oui, Mesdames et Messieurs, selon la célèbre formule de Georges Clémenceau que nous avons honoré cette semaine dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, « les Anciens combattants ont des droits sur nous », ils ont un droit imprescriptible à réparation

 

Vous êtes venus nombreux ce matin, devant le monument aux morts de Saint-Malo.

 

Vous êtes venus pour ce 11 novembre 2018, 100ème anniversaire de la fin de la Première guerre mondiale, témoigner de votre volonté de faire vivre longtemps ces valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

 

Je souhaite vous en remercier chaleureusement et vous témoigner ce matin de ma gratitude pour avoir pris ces quelques instants symboliques de notre volonté à tous de continuer de vivre ne paix.

 

Gloire et Immortalité à nos Anciens Combattants,

Gloire à notre République

Et Vive La France.

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