Mon courrier à la Ministre des Sports : je conteste la baisse drastique des crédits de son ministère et ses conséquences sur les clubs de nos villes

22/10/2018

 

 

Madame la Ministre,

 

Au moment où vous prenez vos fonctions au Ministère des Sports, je souhaite vous adresser mes sincères félicitations ainsi que tous mes vœux de réussite au service du sport et d’un concept auquel je tiens beaucoup en tant que membre de la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée Nationale. Il s’agit du Sport-Santé introduit par voie d’amendement dans la loi de modernisation de notre système de santé sous le précédent quinquennat.

 

En effet, je pense que le Sport-Santé doit être pleinement intégré à la politique de prévention développée avec détermination par Madame Agnès BUZYN, Ministre des Solidarités et de la Santé. Je souhaite en conséquence que vous puissiez pleinement vous emparer de cette politique en coordination avec la politique de prévention.

 

A ce sujet, je m’interroge sur ce que votre prédécesseur, Madame Laura FLESSEL, avait annoncé au début du quinquennat à savoir la création dans notre pays de 500 Maisons du Sport destinées à favoriser la pratique sportive pour tous, dans tous les territoires et, en même temps, favoriser ce concept Sports et Santé. Madame FLESSEL nous avait fait une présentation de cette politique de création des Maisons du Sport lors d’une Mission budgétaire commune entre la Commission des Affaires Sociales à laquelle j’appartiens et la Commission des Affaires Culturelles et de l’Education le 27 septembre 2017 à l’Assemblée Nationale. Vous serait-il possible de me faire savoir où en est le développement de ces 500 Maisons du Sport dans notre Pays ?

 

Cette question m’interroge d’autant plus que cette ambition me semble fortement contrecarrée par la volonté du Gouvernement de procéder à des restrictions drastiques du budget de votre ministère (- 6,2%) en 2019 avec la suppression de 1600 emplois d’ici à trois ans dont des Conseillers Techniques Nationaux.

 

D’emblée, je souhaite vous dire que je partage l’analyse du Gouvernement selon laquelle il y a urgence à ce que l’Etat réduise ses dépenses et je ne suis pas de ceux qui, à chaque fois qu’une proposition de réduction est réalisée, la conteste. Mais, je dois reconnaître que, dans les choix gouvernementaux, le sport est trop lourdement frappé et cette décision a légitiment soulevé une vive vague d’inquiétudes et d’indignation légitime de la part, à la fois des athlètes de haut niveau, mais également des Fédérations ainsi que des clubs sportifs locaux que nos côtoyons au quotidien dans nos circonscriptions et dont le dévouement soulève souvent l’admiration.

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C’est à eux que je veux penser en premier car je sais à quel point ils se battent pour trouver les crédits nécessaires à leurs activités et je connais, comme vous, leur rôle essentiel pour nos collectivités, pour notre jeunesse qui sans cette armée de bénévoles et d’encadrants salariés et diplômés d’Etat, se trouverait encore davantage désœuvrée. Je crois très fortement aux vertus du sport pour la condition physique bien sûr mais également pour faire face à des situations difficiles que nous pouvons parfois connaître dans les familles ou dans les quartiers. Je crois aux vertus du sport pour assurer ces valeurs d’éducation, de solidarité, de générosité, ce lien social dont nous avons tant besoin et je sais à quel point les associations sportives jouent un rôle essentiel que les collectivités ne sauraient assumer, du moins certainement à des coûts aussi peu élevés.

 

Cette décision me semble d’autant plus incompréhensible que, suite à l’euphorie de la victoire de la candidature de la Ville de Paris pour l’organisation des Jeux Olympiques et paralympiques de 2024, cet évènement planétaire majeur doit être l’occasion de mettre en avant les talents et savoir-faire sportifs français mais également de rassembler la nation française autour d’un grand moment de partage sur les valeurs du sport. Sur tous les bancs je crois, nous appelons à ce que cette fête soit une grande réussite pour notre pays, ce qui implique de lui allouer les moyens nécessaires.

 

Alors, comment traduire dans les faits ces attentes et ces aspirations avec une telle baisse du budget des sports ?

 

S’il s’agit de changer de modèle et de confier l’entraînement des sportifs ou la formation des entraîneurs au secteur privé, au détriment des structures publiques, cela serait-il le choix du Gouvernement mais il constituerait alors à n’en pas douter une erreur aussi bien politique qu’économique qui accentuerait les inégalités et affaiblirait le sport français durablement.

 

Madame la Ministre, ces craintes sont loin d’être apaisées et je souhaite par ce courrier relayer les inquiétudes du monde sportif français, celles des Fédérations, celles des associations de la circonscription dans laquelle je suis élu, pour faire entendre leur voix au plus haut niveau de l’Etat.

 

L’exercice est difficile, je vous le concède aisément. Mais je sais aussi pouvoir compter sur votre expérience politique aussi bien que sur votre détermination acquise lors de votre carrière sportive remarquable.

 

Je vous en remercie.

 

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

 

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