Glyphosate : explication de mon vote

18/09/2018

 

 

Je souscris pleinement à l’objectif du Président de la République de rendre l’interdiction du glyphosate effective en France dans trois ans et je l’ai affirmé clairement pendant la discussion sur le projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous (EGAlim).

 

Pour autant, fallait-il inscrire cette interdiction dans la loi ? Je ne le pense pas.

D’abord parce qu’il s’agit d’une décision de la Commission européenne qui a autorisé l’utilisation de ce produit pour cinq ans et qu’il nous faut aujourd’hui convaincre la Commission de réduire cette durée de façon à ne pas placer notre agriculture en situation de concurrence déloyale.

 

Ensuite, au mois de juin dernier, lorsque nous avons examiné ce texte en première lecture, le Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation s’était engagé à lancer une procédure de concertation avec l’ensemble des professions agricoles mais également avec tous les partenaires scientifiques et économiques tels que l’INRA, l’IRSTEA et l’ACTA afin de rendre possible l’interdiction du glyphosate dans trois ans.

 

Sur cette base, j’avais déjà voté contre l’inscription de cet engagement dans la loi au mois de juin dernier, parce que je pense qu’une telle inscription est contre-productive par rapport au travail actuellement mené par le Gouvernement mais également par la Commission parlementaire que nous avons créée à cet effet.

 

La semaine dernière, en deuxième lecture, j’ai interrogé une nouvelle fois le Ministre sur l’avancement de cette concertation et les conditions du travail réalisé avec la Commission européenne pour ramener le délai de cinq ans à trois ans. Les réponses que j’ai obtenues me montrent que les choses évoluent et que, aujourd’hui, tout le monde, y compris les agriculteurs, reconnait la nécessité de mettre un terme à l’utilisation de ce produit dangereux pour la santé.

 

Cette évolution, nous l’avons obtenue par la concertation, et non par la contrainte. En tant que parlementaire, je me reconnais pleinement dans ce travail.

Bien que n’appartenant pas à la majorité gouvernementale, je souscris totalement au travail actuellement réalisé par le Ministre de l’Agriculture et je prends l’engagement de suivre ce dossier jour après jour. Si d’ici quelques semaines, je m’apercevais que les choses n’évoluent plus, je prendrais aussi mes responsabilités et déposerai une proposition de loi visant à interdire le glyphosate. Mais je persiste à croire à la concertation pour y parvenir.

 

Le Député Lambert à l’origine de l’un des amendements demandant l’inscription dans la loi de l’interdiction a reconnu que ma position est bonne mais l’a qualifié d’inaudible. Peut-être a-t-il raison ! Mais il m’appartient de décider de ce qui me semble le plus efficace pour parvenir à cet objectif présidentiel d’interdiction même si je sais que mon choix est sujet à critiques voire même insultes !

 

J’assume pleinement mon vote. La solution la plus simple aurait sans doute été de ne pas participer à ce débat et de me porter absent. Ce n’est pas la conception que je me fais du rôle qui m’a été confié par les électeurs de la circonscription de Saint-Malo.

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