Interview // "LA POLITIQUE DOIT ÊTRE UN RELAIS"

13/07/2016

Pour la deuxième année consécutive, le député malouin LR organise au Fort Saint-Père, demain, un grand rassemblement républicain. Sa manière à lui de célébrer le 14-Juillet, dans un esprit d'ouverture et sans sectarisme. Entretien. 

 

 


Le Télégramme. Tout le monde reconnaît en vous un gros bosseur et une capacité à être partout. C'est une image qui vous colle à la peau.


Gilles Lurton : « Il vaut mieux entendre ça qu'autre chose. Je fais le travail qu'on me confie. Lorsque j'ai été élu député, je me suis engagé à rester présent ici et à donner tout ce que je peux au niveau national. Ainsi ce week-end, j'ai participé à l'inauguration de l'orgue de Saint-Briac. Il y a une association qui s'est investie pour trouver du financement privé. À la Fête des moules à Vildé-la-Marine, une autre a énormément travaillé. Ma présence est un moyen de témoigner ma reconnaissance pour le travail bénévole accompli et les remercier de leur engagement. C'est aussi un moment de rencontre avec les élus et les citoyens. » 

Votre permanence place de la Roulais, à Saint-Servan, ressemble à une mairie bis. On y voit énormément de monde.
« Chacun ses compétences. Ce n'est pas la mairie bis. Je suis député. Beaucoup viennent me voir pour me poser des questions sur la politique nationale, sur des difficultés passagères. C'est vrai qu'il y a beaucoup de monde à venir. C'est peut-être un témoignage de l'habitude que j'ai de travailler les dossiers. Je réponds aux gens. Même si je ne peux pas toujours satisfaire toutes les attentes. Je m'attache à redonner un peu de confiance. »

En quatre ans de mandat, quels sont les dossiers que vous avez particulièrement étudiés ?
« Beaucoup sur le RSI (régime social des indépendants), administratifs... La loi Travail m'a pris énormément de temps pour peu de débats dans l'hémicycle. Mais nous en avons eu en commission des affaires sociales. C'est vrai que le texte est compliqué. J'ai déposé des amendements et j'ai eu la satisfaction d'en voir un, sur les sapeurs-pompiers volontaires, repris. J'ai travaillé sur l'économie bleue en collaboration avec Arnaud Leroy, député PS. Ce n'est pas une proposition de loi révolutionnaire pour la mer mais elle a permis de simplifier beaucoup de normes administratives. » 

Que pensez-vous du 49-3 auquel le gouvernement a eu recours pour faire passer la loi Travail ?
« Le 49-3, c'est la Constitution. Il a servi avant. Il a servi pendant ce mandat. Il ne faut surtout pas se priver du moyen de faire valoir la prédominance de l'exécutif. Il faut cependant que le Parlement garde ses droits. Donc faire attention à la façon de l'utiliser. Le Premier Ministre était confronté à une situation de blocage de la part de sa propre majorité et savait qu'il ne ferait pas passer sa loi s'il n'utilisait pas cet article de la Constitution. » 

Vous serez candidat à un deuxième mandat en 2017. C'est dans la logique de l'action que vous menez aujourd'hui ?
« J'ai beaucoup travaillé. Bien ? Les électeurs le diront. Je n'ai pas terminé tout ce que j'ai à faire, peut-être avec une autre majorité demain. Nous verrons. C'est comme les matches de foot, ce n'est jamais gagné d'avance. » 

Pour la primaire, vous avez choisi Bruno Lemaire. Vous ne vous sentez pas un peu seul ?
« On n'est jamais seul. 450 personnes sont venues l'écouter à Saint-Malo. C'est la liberté de chacun de faire son choix. Nous avons plusieurs candidats, plusieurs talents au sein de l'opposition nationale et c'est une chance. Il faudra se mettre en ordre de marche derrière le candidat choisi pour assurer une alternance avec un programme capable de faire évoluer notre pays. » 

Même si c'est Nicolas Sarkozy ? 
« Même si c'est Nicolas Sarkozy. » 

Vous êtes aussi conseiller municipal. Dans l'opposition à la majorité de Claude Renoult. Vous avez fait entendre une voix dissonante à plusieurs reprises. Comme vous situez-vous exactement ?
"Je suis avant tout député. Donc au service de tous les élus, quels que soient leur tendance ou engagement politique. À Saint-Malo, je ne me définis pas comme dans l'opposition. Il existe une majorité qui n'a pas beaucoup de différence avec ma pensée. Ce qui ne m'interdit pas de poser des questions. Par exemple, je suis inquiet sur le dossier du stationnement. Les centres de Paramé et Saint-Servan souffrent d'un manque de clientèle et je crains que trop étendre le stationnement payant les pénalise encore plus face aux grandes surfaces extérieures à la ville. Le second dossier concerne la création d'une société publique locale (SPL) pour la gestion du tourisme dans l'agglo. Il faut être attentif à la façon dont les professionnels du tourisme seront associés à cette SPL."

On a le sentiment que beaucoup de Français, et notamment des jeunes, se détournent de plus en plus de la politique.
« J'ai reçu la semaine dernière 50 chefs d'entreprises à l'Assemblée nationale. J'ai ressenti chez eux une très grande défiance vis-à-vis de la capacité du politique à apporter des solutions à nos difficultés économiques. C'est à nous de savoir résoudre ce problème. C'est en les voyant, les écoutant le plus souvent possible et en tenant compte des propositions qu'ils nous font. C'est pour ça que ma permanence, mes déplacements, mes rencontres sont un moyen pour moi de me ressourcer, de sentir la température de notre pays pour mieux la rapporter au niveau national. La politique doit être un relais. »

 

 


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