Gilles Lurton a commémoré le centenaire de la Bataille de Verdun dimanche 29 mai 2016 à Plerguer

29/05/2016

Je me suis rendu à Plerguer pour commémorer le centenaire de la bataille de Verdun dimanche 29 mai 2016. Avec Monsieur le Maire Jean-Luc BEAUDOIN, Monsieur Philippe GOUESBIER, Président du comité du Souvenir Français de Plerguer et Monsieur Gérard BEAUMONT, Président de l’UNC, nous nous sommes recueillis devant le monument aux morts de la ville.

 

Je vous délivre le discours que j'ai prononcé ce jour si spécial du 29 mai.

Mesdames et Messieurs,

Monsieur le Maire Jean-Luc BEAUDOIN,

Monsieur le Président GOUESBIER,

Monsieur le Président BEAUMONT,

 

Aujourd’hui est un jour très particulier. Nous commémorons le centenaire de la bataille de Verdun.

 

Cette bataille est sans aucun doute la plus exceptionnelle de la Grande Guerre et résume certainement, à elle seule, la guerre 14-18. Elle est ancrée profondément dans la mémoire collective des Français et des Allemands.

Du 21 février au 19 décembre 1916, nos deux peuples se sont déchirés dans un affrontement atroce et inqualifiable.

Il leur a été demandé plus qu’on ne pouvait demander à de simples hommes. Souvent même, trop souvent, à de jeunes hommes.

 

Comment ne pas penser à toute cette jeunesse qui a disparu ?

 

Cette bataille aura coûté la vie de 163 000 français pour un total cumulé de 378 000 tués, blessés et disparus. Elle a coûté aux allemands 337 000 hommes.

 

Peut-on alors essayer d’imaginer un instant de ce que cela représente ?

Peut-on essayer de nous représenter ce qu’ont été 53 millions d’obus tirés ?

 

À titre d’exemple, la colline dite 304, en raison de son altitude à 304 mètre n’en fait plus que 297 après 10 mois de conflit.

 

Peut-on essayer de ressentir un tel acharnement ? Même au travers des témoignages qu’ils nous restent de nos poilus, je pense nous en serions encore loin.

 

Ces témoignages rappellent le même martyre : les tranchées, la boue, les rats, la soif, la peur voire la folie.

 

Rendons-nous bien compte de la force que ces soldats, français ET allemands, ont déployée durant ces dix longs mois, dans des conditions inhumaines.

 

C’est pourquoi ce jour est si spécial.

 

Nous devons nous rappeler que le sacrifice de leur vie n’a pas été vain.

 

Chacune des vies prises,

Chacune des blessures,

Des invalidités,

Et des souffrances endurées par l’acier chaud des balles et des obus, ont compté pour que nous restions français. Pour que nous conservions notre identité.

Il y a alors quelque chose de beau, de majestueux, voire de grandiose dans leur sacrifice, leur courage, leur dévouement ; et il est dans leur patriotisme, dans la défense du bien commun à toute une nation.

 

Quel sentiment sacré devant ces drapeaux, et notamment ce drapeau du Souvenir ! Quel respect nous leur devons ! Quelle compassion !

 

Alors, cette fraternité symbolisée par la poignée de mains de François MITTERRAND et Helmut KOHL, devant l’Ossuaire de Douamont le 22 septembre 1984, doit être poursuivie et préservée.

 

C’est d’ailleurs la raison de notre présence à tous, ici, aujourd’hui.

 

Nous devons nous souvenir de nos morts, et nous devons nous souvenir de l’amitié qui nous lie à l’Allemagne. Ici, à Plerguer, ce sont 48 années de jumelage et d’amitié qui vous lie avec la commune de Lette.

 

Cette fraternité franco-allemande s’est répandue, depuis des champs de batailles jusqu’à la construction d’une politique commune et de la construction d’un espace d’échange entre nos deux nations, et bien d’autres.

 

Oui, il faut regarder la terre, le sol martelé par les obus, les tombes… Pour nous rappeler.

Mais il faut aussi regarder devant nous. Ce que nous construisons au nom de la mémoire de nos soldats. Cela leur est aussi destiné. Pour que plus jamais nous ne nous affrontions. Pour que plus jamais nous nous entretuons.

Ils sont les gardiens sans faille de nos préceptes, de notre fraternité.

Mais nous pourrions nous rappeler davantage encore de ceux qui sont morts à Verdun.

Il n'existe pas aujourd'hui de liste des morts pour la France à Verdun. Une indexation est en cours par le ministère de la Défense et à laquelle chaque français peut participer. A ce jour, 435 000 fiches ont été indexées, mais il en reste encore un peu moins d’un million d’ici le 11 novembre 1918.

 

En guise de conclusion, je veux rappeler les propos de Ferdinand GILSON, le 8e dernier poilu français, né le 20 octobre 1898, et décédé dans la nuit du 25 au 26 février 2006, à l’hôpital Gien (Loiret), tant ils sont inspirants :

« Avec les Allemands, nous nous sommes tellement battus que nos sang ne font plus qu'un »

 

Voilà ce dont, chaque année, chaque 29 mai, nous devons nous rappeler et nous devons penser en commémorant ces soldats.

 

 

 

 

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