Je vote la motion de censure

19/02/2015

Durant ces six dernières semaines, le projet de loi Macron a absorbé toute mon activité et mon énergie. D’un texte de 106 articles au départ, il en comprend au final 295. Un véritable mastodonte pour lequel j’ai tenté, par la voie de nombreux amendements, de le faire évoluer, et essayé d’atténuer ces nombreux inconvénients vis-à-vis de toute une série de professions et de nombreuses activités économiques.
Je ne suis pas opposé à des évolutions, bien au contraire, et de nombreux articles de ce texte ont reçu mon agrément dans le cadre d’une discussion apaisée en Commission Spéciale et dans l’hémicycle. Il faut reconnaitre une écoute mutuelle entre le Gouvernement et les Députés, ce qui malheureusement est trop rarement le cas.

 

Mais comment laisser croire aux Français qu’il y aura moins de demandeurs d’emplois parce que des cars rouleront à la place des trains ? Comment leur laisser croire qu’il y aura moins de demandeurs d’emplois parce que les postiers feront passer le permis de conduire ? Comment leur laisser croire qu’il y aura moins de demandeurs d’emploi parce que nous bradons notre industrie de l’armement à des puissances étrangères ? Comment leur laisser croire qu’en vendant au privé des aéroports pourtant bénéficiaires pour les collectivités, le nombre de demandeurs d’emplois diminuera ? Comment laisser croire aux français que nous relancerons l’économie en stigmatisant les professions du droit dont la compétence est pourtant reconnue dans le monde entier ?

 

Toutes ces questions, nous les avons posées au Ministre de l’Économie. Si nous avons été écoutés, nous n’avons pas été compris.

 

Face à l’absence d’une majorité au sein même de la majorité socialiste pour faire voter le projet de loi Macron, le Premier Ministre a décidé de recourir à l’article 49-3 que lui-même et le Président de la République ont pourtant tant combattu à d’autres époques. Je préfère encore cette solution plutôt que je ne sais quelle compromission avec une poignée de députés frondeurs, ce qui n’aurait fait qu’aggraver un texte dont plusieurs dispositions vont dans le bon sens même si je ne peux l’approuver globalement.
En recourant au 49-3, c’est toute la politique de son Gouvernement qu’il soumet à l’approbation de la représentation nationale, une politique que je ne cautionne pas et qui ne fait qu’aggraver les difficultés de notre pays.

Please reload

Mes actualités récentes
Please reload